• Les carnets de voyage d’Eléments d’édition sont uniques à bien des titres.


Véritables livres de bibliophilie, ces carnets de voyages sont des livre-objets également appelés portfolios. Ce sont des recueils de photolithographies à la rencontre des techniques contemporaines des métiers de l'édition d'art et de l'héritage des traditions d'impression. Chaque photographie originale est imprimée sur des papiers de création composés uniquement de fibres naturelles (coton, fibres vierges) habituellement réservés à la gravure ou la lithographie. Certains ouvrages ont été imprimés sur presse mono couleur avec un séchage de chaque planche entre chaque passage couleur.
Pour chaque portfolio, l'artiste conçoit une charte graphique autour des éléments naturels. En dehors de la page de garde et de signatures, ces ouvrages ne comportent pas de textes mais l'univers de l'écriture est présent au travers des caractères, des signes, des mots et de la calligraphie dessinés sur les papiers parchemins. Ceux-ci introduisent l'élément naturel évoqué par la photolithographie qui le suit dans l'ouvrage.
L'ensemble est ensuite relié par l'artiste dans des coffrets entièrement confectionnés à la main avec des papiers rares, à base de fibres de thé et de pointes d’algues mais le plus souvent avec des papiers fabriqués dans le pays d’origine du portfolio.

Pour le portfolio “MADAGASCAR”, le papier “ANTAIMORO” est utilisé. Proche du papyrus, ce papier à base d’écorce de mûrier “AVOHA”, est bouilli, trié puis écrasé. La pâte obtenue sera diluée dans de l’eau et séchée au soleil dans un tamis en coton. Le peuple Antaimoro qui a donné son nom au papier, converti à l’Islam, y retranscrit les versets du Coran.

Ce sont donc les papiers traditionnels Washi qui sont employés dans le portfolio"Japon". C'est au 7ième siècle qu' un religieux bouddhiste coréen aurait introduit les techniques de fabrication du papier de même que les pinceaux.
La fabrication artisanale de ces papiers était similaire de celle du papier malgache. Ils étaient composés d'écorce de mûrier ou de chanvre. La pulpe obtenue avec l'écorce bouillie était mélangée à de la glue végétale, de l'eau et du riz. Bien qu'aujourd'hui la fabrication se soit industrialisée, cette tradition se perpétue dans les villages du nord du Japon où l'eau est la plus pure.
Chaque portfolio "Japon" contient des feuilles de papier Washi de nature différente ce qui confère à l'objet un caractère quasiment unique.